Je me permet un petit billet pour réagir à l’article très intéressant de Jean Paul Charles paru sur le blog l’esoxiste qui s’intéresse à la vision des couleurs chez les poissons et que je vous invite à lire en cliquant sur l’extrait ci-dessous.
Si la première partie, très riche en information m’a vraiment intéressée, je voudrais apporter une petite réaction à la seconde qui vise à tirer les conclusions des bases énoncée auparavant afin de choisir le leurre idéal.
La démarche de l’Article de Jean Paul est bonne et techniquement très riche (images en niveau de gris ou UV). Les tests réalisés semblent indiquer clairement les couleurs que les poissons distinguent le plus facilement, mais je pense que ce ne sont pas forcément (ou même régulièrement) ces couleurs qui apporteront les meilleurs résultats.
S’il est une base dans la pêche aux leurres, c’est bien d’attirer l’attention du carnassier. Sur ce point les formes, vibrations et couleurs nous intéressent fortement et il est évident que le fait de jouer sur les contrastes entre la valeur du milieu et celle du leurre permettra aux prédateur de repérer notre imitation… ce qui est un bon début.
Cela dit, si tous les poissons qui ont un jour repéré un leurre avaient concrétisé leurs attaques, je pense que nos mers et rivières seraient vides depuis un bon moment. A mon sens, la chose la plus difficile est de trouver l’approche qui va permettre de déclencher l’attaque.
Ma pêche préférée étant celle des carnassiers à vue, je me suis souvent arraché les cheveux (qui commencent doucement à me manquer au niveau des tempes) à voir des poissons regarder mon leurre, parfois à le suivre… mais pas toujours à l’attaquer.
Bien souvent, la technique qui permet alors de déclencher des touches consiste à jouer sur le risque qu’aura le carnassier de perdre sa proie pour le forcer à attaquer tant qu’il en a l’occasion. Cette démarche du pêcheur peut se traduire par une animation spécifique, souvent sèche, courte et rapide qui va obliger le prédateur à déclencher son attaque. Dans ce petit jeu du chat et de la souris, on peut aussi tabler sur les couleurs en employant des teintes extrêmement proches de celles du milieu. « Je te vois… je ne te vois plus… je te vois à nouveau… j’en profite, j’attaque ! »

Ce jour là il fallait pêcher entre 2 eaux avec des leurres à très faible contraste avec la couleur du ciel et de la surface. Le fait que le leurre se confonde avec le milieu déclenchait des touches franches et nombreuses alors que des coloris plus tranchants n'occasionaient au mieux que de timides suivis.
Tout ça pour dire que s’il existe des conditions où il faudra aller préférentiellement vers des couleurs que les carnassiers distinguent facilement (poissons agressifs, territoriaux), on sera aussi confronté régulièrement à des moments où le fait de jouer sur le mimétisme avec le milieu sera la clé de la réussite.
Ce sont 2 optiques opposées mais complémentaires et je pense qu’il est intéressant pour le pêcheur d’explorer ces 2 options : mimétisme et contraste. C’est d’ailleurs souvent sur ces critères que je base mes sélections de coloris de leurres en essayant de posséder des coloris très facilement détectables et d’autres beaucoup moins visibles.

A l'Inverse ici, sur la Seine en crue, les poissons ne voient le leurre qu'au dernier moment et n'ont pas le temps de l'observer avant de déclencher l'attaque car le débit est fort, l'eau est teintée et le leurre passe très vite. Utiliser une couleur tranchante est alors souvent la clé pour déclencher les touches.
En bref, je pense que l’emploi d’une couleur à fort contraste a pour intérêt principal de permettre au prédateur de repérer le leurre et qu’en ce sens elle peut être intéressante mais risque très souvent de se limiter à des suivis ne permettant pas de déclencher les attaques. De plus, le choix d’une couleur visible dans le but d’alerter les carnassier présente des alternatives comme le déplacement d’eau ou les vibrations émises par le leurre qui pourront avoir un effet similaire agissant cette fois ci sur la captation des mouvements d’eau et des sonorités via la ligne latérale… La ligne latérale qui sera vraisemblablement le thème d’un des prochains articles de Jean Paul Charles sur le blog de l’esoxiste. Personnellement j’attends cette parution avec impatience.
Oups! Pardon! C’est à dire qu’en plus d’être daltonien, je suis dyslexique! Mais comme je bégaie, ça ne se voit pas.
Je me permet juste de réagir sur un point concernant le com de JP CHARLES, je suis d’accord mais pitié ne refais plus cela, c’est schmilblick et non shlimblik……(je plaisante)
Merci pour ton commentaire sur le blog de Sylvain et de ton analyse ici-même. Brièvement, les conclusions que je tire sont largement le fruit de mon expérience de pêcheur d’eau douce, où les conditions de visibilité sont rarement fameuses! Ce que tu dis sur les leurres réalistes (ou imitatifs) est tout à fait juste dans des eaux claires, où en effet les carnassiers ont d’avantage le temps d’examiner ce qu’on leur présente. Le but de mon article était surtout de souligner le côté finalement secondaire de la « couleur » pour lui préférer celui de » valeur », je sais que la distinction entre les deux n’est pas souvent facile, d’où mes photos couleurs:noir et blanc. Ceci dit, c’est une hypothèse, une de plus, qui sert à faire avancer le shlimblik, la pêche étant loin (heureusement) d’être une science exacte!
Je vois que je suis attendu au tournant pour la ligne latérale, j’ai intérêt à bien relire ma copie! (la semaine prochaine si tout va bien)
Jean-Paul