A l’heure où l’inquiétude à propos de la ressource en bar semble atteindre son paroxysme et où, en France, les conflits d’acteurs sont de plus en plus fréquents, nos regards se portent sur les solutions qu’ont adoptées nos voisins et dans ce cadre, l’Irlande fait figure de bon élève.
Les plaisanciers sont contraints de respecter une taille légale plus élevées, une période de fermeture et un quota journalier. La pêche professionnelle est très réglementée… et les bars peuvent encore entretenir l’espoir de mourir de vieillesse… à condition de ne pas avoir le goût du voyage bien entendu.
Et nous, on continue de dire que c’est uniquement la faute des pros ou on commence par assumer notre part de responsabilité et foutre un aller retour de balais devant la porte ?

Salut Arno.
Je suis absolument favorable a toutes les mesures restrictives qui peuvent s’appliquer à la pêche de loisir. Mais je ne comprends pas pourquoi la filière de la pêche récréative ne pourrait pas, en même temps, tenter de faire évoluer les conscience et tenter de contraindre, avec les outils adequats, les pêcheurs professionnels à des prélèvements raisonnables.
Pourquoi devons faire l’un ou l’autre, ou l’un après l’autre, étant donné que la situation se dégrade rapidement?
Quel est le but de tout cela au juste? Se donner bonne conscience? Ou essayer d’obtenir, dans les meilleurs délais, une diminuation de la pression de pêche sur le bar?
Croyez vous sincèrement que la filière « loisir » peut lister ses revendications aux pros, et attendre une ecoute attentive et une étude au cas par cas de ces derniers? Je ne connais pas assez bien le monde de la pêche professionnelle pour affirmer que cette hypothèse est absolument délirante, mais c’est pourtant ce que je ressens.
Et si quelqu’un peut me prouver que je me trompe, et bien je serais ravi de m’être trompé.
A mon avis, et cela n’engage que moi, il manque une structure et une volonté pour faire bouger vraiment les choses.
Une structure : création d’une fondation ou d’une agence : regroupement des marques puissantes de la pêche de loisir (articles de pêche, articles outdoor, nautisme, tourisme…) ayant un interet direct et immédiat à agir.
Une volonté : débloquage de fonds pour payer un cabinet d’avocat et une veille juridique (et la fondation se constituerait partie civile dans tous les cas avéré d’abus des pros par ex) et des lobbyistes pour truster les groupes de travail parlementaires et peser sur les commissions européennes.
Cela n’est pas incompatible avec une maille a 42 et un quota journalier drastique pour nous autre. Mais c’est juste 1000 fois plus efficace.
Je suis bien d’accord avec toi et avec la plupart d’entre vous… Seule une limitation de capture, a l’instar des américains et autres irlandais, serait véritablement une mesure efficace, et attesterais de l’effort consenti… Le reste n’est que poudre aux yeux. Et ce quota, deux poissons par tètes de pipe et par jour ont a pas attendu d’y être obligé pour se l’imposer. Je veux parler de mes compagnons de pêche.
Ce que je n’arrive pas bien a saisir dans le comportement des pêcheurs « amateurs » ( je met des guillemets car certains frisent le professionnalisme) c’est leur motivation, qu’est ce qui les animent. Pour moi la prise d’un poisson, même si elle est jouissive, n’est qu’un petit acte dans une grande pièce qui en compte bien d’autre. Le partage, l’amitié, l’impression de s’ancrer, de faire partie de cette planète a travers le prisme de la pèche est la plus grande partie du spectacle. A condition qu’il reste des acteurs a nageoire sur la scène…
Etre droit dans ses bottes consiste pour moi à demander une limitation des captures pour les pêcheurs de loisirs (c’est à dire pour nous-même).
Tous les pêcheurs professionnels, à l’exception des ligneurs titulaires d’une licence « bar », sont par exemple limités dans leurs prélèvements de bars. Pourquoi les pêcheurs de loisir devraient-ils faire exception ? Et d’ailleurs aussi pourquoi cette exception pour les ligneurs titutaires d’une licence « bar » ?
La complicité d’intérêt que certains s’efforcent d’entretenir entre les ligneurs et les pêcheurs de loisir ne réussira pas à cacher la réalité : ils s’opposent au reste du monde de la pêche pour conserver ce privilège injustifié. Voilà pourquoi les discussions entre pêcheurs de loisir et pêcheurs professionnels sont dans l’impasse.
La vérité est là : ceux qui ont proposé ces nouvelles tailles minimales de capture pour la pêche de loisir voulaient avant tout essayer d’échapper à une limitation de leurs captures de bars les plus gros.
Ils marchent droit dans leurs bottes pour emprunter les chemins tortueux qui leur permettent de défendre leurs intérêts particuliers.
Avec la création des licences « bar », les professionnels se sont donné un outil de régulation des captures de ce poisson. Même si, dans l’immédiat, ça ne change pas grand chose dans leurs prélèvements.
Cette licence donne en effet la possibilité de réduire les périodes de pêche du bar de ceux qui en sont titulaires. C’est déjà entré en application avec une semaine d’arrêt obligatoire pour les chalutiers pélagiques détenteurs d’une licence bar, en période hivernale. La mesure peut facilement être étendue en durée et aux autres métiers.
Encore faudrait-il ne pas braquer les professionnels avec des revendications injustifiées, qui leur donnent de bonnes raisons de ne pas faire d’efforts de leur côté.
Encore une fois, être droit dans ses bottes, pour un pêcheur de loisir, consiste pour moi à demander des limitations de captures pour tous. Même si ensuite, je reconnais que ce n’est pas facile de contrôler que tout le monde respecte ces limitations. C’est une question de principe.
Je cite David, que je salue au passage…
« C’est absolument vrai et effarant. Le plus fou est l’énergie dépensée pour parvenir à s’auto-contraindre, en pensant qu’il faut être irréprochable afin que, par un effet miroir divin, les pêcheurs pros aient envie de parvenir eux aussi à l’exemplarité. »
Oui peut-être. Mais personnellement j’essaie d’être droit dans mes bottes, et j’ai au moins la satisfaction de penser être sur « le bon chemin ». Une goutte d’eau dans un océan de connerie vous allez me répondre. Peut être effectivement, mais pour moi cette goutte d’eau a une saveur inappréciable, elle a le gout de la raison.
« Mais en France, les pêcheurs de loisir sont masochistes : ils acceptent que la loi interdise que des mesures plus clémentes soient prises pour la pêche de loisir que pour la pêche professionnelle alors que l’inverse ne semble pas leur poser de problème. »
C’est absolument vrai et effarant. Le plus fou est l’énergie dépensée pour parvenir à s’auto-contraindre, en pensant qu’il faut être irréprochable afin que, par un effet miroir divin, les pêcheurs pros aient envie de parvenir eux aussi à l’exemplarité.
C’est un raisonnement qui m’échappe. C’est bien de trouver des moyens pour empêcher les abus des pécheurs récréatifs, mais pourquoi cela empêche t il la filière loisir de mettre la pression sur les comportements destructeurs des pros?
C’est vrai que cela demande sans doute un peu de moyens, de courage, et de volonté…
Il y a aussi l’exemple de la gestion de la pêche du bar rayé, aux Etats –Unis. Elle est souvent évoquée dans des forums de pêche de loisir, mais hélas souvent de façon erronée.
En bref, les grandes lignes de la gestion de cette pêche sont données par l’ASMFC (Atlantic States Marine Fisheries Commission). Ensuite chaque état prend les mesures pratiques de mise en application des directives générales. Prenons le cas du Massachusett.
Les pêcheurs de loisir ont le droit de pêcher toute l’année, 2 bars par jours, d’une taille minimale de 28 inches (71,12 cm). Il leur est formellement interdit de pratiquer l’écrémage (rejeter un bar mort pour en conserver un plus gros, ou même conserver un bar vivant pour le remplacer éventuellement par un bar plus gros). En anglais, on dit « high-grading ».
Les pêcheurs professionnels doivent avoir un permis spécial pour cette espèce. Ils doivent respecter une taille minimale de capture de 34 inches (86,36 cm). Ils doivent respecter une période de fermeture de pêche : l’ouverture commence le 12 juillet de chaque année et finit lorsque le quota national est atteint. Par exemple, en ce moment (8 décembre 2012), la pêche est fermée pour les professionnels (mais pas pour les pêcheurs de loisir).
Les pêcheurs professionnels sont limités à 30 bars par jour, le mardi, le mercredi et le jeudi, et à 5 bars le dimanche.
Comme on le voit, pour la taille minimale de capture et pour la période de fermeture, la réglementation est plus restrictive pour les pêcheurs professionnels que pour les pêcheurs de loisir. Mais ça, en France c’est interdit par la loi !
Mais en France, les pêcheurs de loisir sont masochistes : ils acceptent que la loi interdise que des mesures plus clémentes soient prises pour la pêche de loisir que pour la pêche professionnelle alors que l’inverse ne semble pas leur poser de problème.
http://www.mass.gov/dfwele/dmf/commercialfishing/322cmr6.htm#cmr607
Boutiax,
Pour qu’il y ait des contrôles efficaces, il faut que ceux qui sont chargés de les effectuer reçoivent des consignes strictes de la part de leurs autorités de tutelle.
La réglementation concernant la pêche est gérée par la DPMA. Quand on voit la façon bâclée avec laquelle a été rédigé l’arrêté concernant les nouvelles tailles minimales de capture pour la pêche de loisir, et le fait qu’aucune correction n’a été apportée à ce jour pour en rectifier les erreurs, on est en droit de penser que la DPMA, elle-même, ne croit pas à l’utilité de cet arrêté (demandé par des pêcheurs de loisir).
Si on veut prendre l’exemple de l’Irlande ou du Royaume-Uni, pour gérer ce type de problème, alors il faut le prendre jusqu’au bout, en organisant à ce sujet des consultations ou tout le monde peut s’exprimer (y compris des ONG environnementales et des scientifiques). Pas seulement des organisations de pêcheurs noyautées par des groupes de pression qui défendent des intérêts particuliers.
Pour le bar, une taille minimale de capture à 50 cm ? Pourquoi pas 70 cm, ou même 90 cm, ou même 1,5 m ? Lancer des chiffres précis sans justification précise est plus que dangereux.
Si une taille de 42 cm doit par exemple être finalement retenue pour le bar, elle doit s’appliquer à toutes les formes de pêche et, avant tout, à toutes celles qui permettent de remettre à l’eau des poissons vivants. Ainsi, aucun bar de ligne de moins de 42 cm ne devrait pouvoir être commercialisé. J’ai déjà dit que les conséquences socio-économiques d’une telle mesure seraient lourdes ! Les conséquences pour la ressource aussi : avec l’augmentation des rejets de poissons morts.
A quand une consultation de l’ensemble des citoyens, comme il en a été réalisée en République d’Irlande ou au Royaume-Uni ? On trouvera ci-dessous, à titre d’exemple, une consultation organisée en Irlande du Nord (Royaume-Uni). Dans ce pays où les problèmes ne se posent pas dans les mêmes termes qu’en Irlande du Sud, les solutions retenues ont finalement été différentes (par exemple, le gouvernement local n’a pas retenu la proposition d’interdiction de la pêche professionnelle du bar).
http://www.planetseafishing.com/downloads/sea_bass_consultation_document_may_2010-1.pdf
A nous de proposer à notre gouvernement des solutions qui conviennent à la France et à l’ensemble des stocks que nous exploitons… Et dans cette démarche, nous ne pouvons pas faire comme si les pêcheurs professionnels n’existaient pas !
Yep,
Personnellement étant donné le constat avéré qui est dénoncé par tout le monde, il est clair que des mesures s’imposent.
Au niveau des mentalités, je pense sincèrement qu’on est sur la bonne voie avec les générations de pêcheurs actuelles et à venir…là-dessus je suis assez confiant (idéaliste peut être mais confiant).
Après pour faire simple, il faut impérativement légiférer. Des quotas sont à définir mais le point clé est la taille des captures. Il faudrait augmenter la maille nettement (je sais pas à 50cm mini) et la nature reprendrai ses droits en qques années (5 ans, 10 ans j’espère mais je ne suis pas spécialiste) et ce comme elle le fait toujours et l’a déjà démontré.
Pour finir il faudrait également plus de contrôle chez les plaisanciers. Je sais pas comment c’est par chez vous mais par chez moi il n’y a jamais 1 contrôle (ou alors c’est vraiment très très limité). Je trouve ça nul ! Je dis pas que je suis fan de croiser les Aff. Mar ou la gendarmerie mais bon à quoi bon imposer des règles sans contrôle ! Quand on voit ce que ramène certains, ça me fou en l’air, tu peux toujours gueuler mais le mal est fait…
Voilou voilou
A+
Pour être complet, comme j’ai affirmé que la pêche professionnelle du bar n’a jamais été importante en Irlande, j’ai recherché ce qu’il en était en remontant plus loin dans le passé (avant 1970).
Voici une archive de 1981 qui montre que les captures sont passées par un maximum dans les années 1960. On voit que ces captures annuelles n’ont jamais dépassé ce que des chalutiers pélagiques travaillant en paire sont capables de débarquer en une seule fois dans d’autres pays !
http://oar.marine.ie/bitstream/10793/171/1/No%203%201981%20The%20wexford%20commercial%20sea%20bass%20Dicentrarchus%20labrax%20fishery.pdf
Remarques sur le stock de bars irlandais.
Les bars de ce stock semblent avoir un comportement côtier bien marqué et sont surtout abondants sur la côte sud-est de l’île.
La pêche des bars par les professionnels irlandais n’a jamais été importante, même avant qu’elle leur soit interdite (un actuel reliquat de pêche illégale n’est pas impossible, comme partout ailleurs).
En 1990, dernière année où la pêche du bar était autorisée pour les professionnels de la République d’Irlande, ceux-ci ont débarqué 914,4 kg (il s’agit bien de kg et non pas de tonnes !). Précédemment, ils avaient débarqué un total de 4 tonnes de bars sur une période de 7 années (soit une moyenne de 571 kg par an). En d’autres termes, à eux tous réunis, ils ne débarquaient pas ce qu’un petit ligneur français peut débarquer à lui tout seul.
Sur ces 15 dernières années on a recensé 60 bars rejetés par les pêcheurs professionnels de la République d’Irlande (il leur est désormais interdit de les conserver à bord) sur un total de plus de 2 millions de poissons rejetés. Cela montre que le bar irlandais est toujours peu capturable par les pêcheurs professionnels, surtout quand il ne fait pas l’objet d’une pêche ciblée.
L’interdiction de la pêche du bar ne représente donc pas un gros sacrifice pour les pêcheurs irlandais, si on compare le peu de bars qu’ils capturaient aux 50 000 tonnes de merlans, aux 40 000 tonnes de maquereaux, aux 30 000 tonnes de harengs, ou même aux 1000 tonnes de morues qu’ils capturent annuellement. En d’autres termes, en Irlande, la pêche professionnelle du bar a toujours été économiquement de peu d’importance.
En revanche, du point de vue biologique, sur un stock qui a des difficultés à se maintenir à un niveau important, la pêche professionnelle du bar ne manquait pas d’avoir des conséquences non négligeables.
En conclusion, bien que toutes ces évaluations soient plus ou moins précises et puissent être plus ou moins contestées, on ne peut mettre en doute l’ordre de grandeur des chiffres fournis. Ils démontrent que le stock de bars irlandais n’est en rien comparable à ceux que nous exploitons sur les côtes de notre continent !
La solution adoptée par les Irlandais semble donc raisonnable… pour ce qui les concerne !
Source principale :
http://fr.scribd.com/doc/93640287/Draft-National-Bass-Policy
On se croise hippolyte
J’ai réagi à la discussion à laquelle tu fais allusion avant de voir ton message ici.
Le niveau, le ton et l’intérêt des discussions sur les forums (et parfois également ici) dans les commentaires, m’attriste également profondément.
Je ne sais pas s’il s’agit d’un manque de quotient intellectuel des intervenants mais à coup sûr il y a un manque cruel d’ouverture d’esprit et de capacité à entendre des arguments, aussi documentés soient-ils, dès lors qu’ils vont à l’encontre des croyances entretenues chez le pêcheur plaisancier… et je mets le forumeur actif, le discuteur de ponton, et le responsable d’association de plaisancier dans le même panier.
Tous semblent vouloir continuer à résumer les soucis de la ressource à un truc où il y a du tout noir et du tout blanc… des connards et des exemples… mais rien entre les 2.
Nicolas,
En remontant les sujets, je viens à mon tour de tomber sur ton message ci-dessous, que je ne n’avais pas vu auparavant.
Je voulais simplement dire que tu exprimes des idées claires et cohérentes qui traduisent la façon de penser d’un certain nombre de pêcheurs. Que tu continues de le faire comme tu l’as toujours fait me satisfait pleinement.
C’est triste à dire mais je ne crois pas qu’il faut attendre quoi que ce soit des regroupements de pêcheurs de loisir.
Un ami me disait récemment que les forums de pêche, dans lesquels je m’exprime de temps en temps, sont principalement fréquentés par des gens qui ont un quotient intellectuel de bigorneau et modérés par des gens qui ont un quotient intellectuel de bulot. Je ne sais pas si les bulots ont un quotient intellectuel bien supérieur à celui des bigorneaux mais je constate qu’effectivement certains propos tenus dans ces forums ne valent guère mieux que de la bave de gastéropode.
Comme tu le vois, je suis amer, très amer.
Dans l’un de ces forums, quelqu’un qui se veut influent vient par exemple de tenir le raisonnement suivant, sans que personne ne réagisse autrement que par des digressions hors-sujet. Concernant le bar de ligne, cette personne prétend que sans contester la stagnation des ventes en criée, on peut expliquer une diminution des ventes globales par une augmentation des ventes hors criée. En d’autres termes quand « a » est constant et que « b » augmente, il faut en tirer la conclusion que « a+b » diminue. Drôle d’algèbre !
Rien que cela m’incite, non pas à rejoindre une association de pêcheurs de loisir, mais au contraire à prendre la décision définitive de les combattre autant que je le pourrai, dans ce qu’elles ont de plus contestable.
Ce n’est pas une histoire de règlement de compte personnel. Je me bats simplement pour faire valoir des idées claires et cohérentes. Comme toi, finalement…
Hippolyte, je viens de retrouver ton commentaire qui était passé en indésirable sans que je ne comprenne pourquoi (j’ai un outil sur le blog qui me supprime d’office certains types de commentaires… une sorte d’anti spam).
Bref, je te remercie pour les compliments, je parle des problèmes de la ressource car ils me font peur et je dénonce le point de vue « officiel » de la pêche plaisance car il se résume à une fuite de nos responsabilités, qu’importe le niveau de nos prélèvements. A l’heure actuelle la ressource va mal et tout le monde va devoir faire des efforts, y compris les pêcheurs récréatifs.
Aujourd’hui, par leur voie officielle, les pêcheurs plaisanciers nient leur impact et ça me parait très grave. En premier lieu, en minimisant notre rôle de ponction sur la ressource on fait croire a de nombreux pratiquants qu’il n’y a pas de problème et on n’incite pas les pratiquants à changer leurs habitudes. En second lieu, cette politique de l’Autruche risque de conduire à une opposition telle avec les décideurs qu’elle pourrait avoir des répercutions terribles sur l’encadrement qui sera quoi qu’il arrive imposé à nos pratiques.
A lutter contre la mise en place d’un cadre plutôt qu’à essayer de le définir dans ses formes les plus intelligentes, nous risquons de nous retrouver avec des règles inadaptées qui, pour le coup, pourraient bien plomber complètement l’activité de pêche récréative.
Concernant la retenue que mon activité professionnelle m’impose, je vais me permettre de te contredire. J’ai la chance chez Ultimate Fishing de travailler avec une équipe qui partage pleinement mes craintes et ma façon de voir les choses et qui s’implique de longue date pour un changement des habitudes et une volonté de voir les pêcheurs récréatifs assumer leur impact sur la ressource et leur responsabilité sur le milieu. Ultimate milite depuis des années pour qu’un quota, un repos biologique et une taille minimale plus élevées soient mis en place et le crie haut et fort à qui veut bien l’entendre via tous les supports et manifestations qui sont à sa portée… conscient que cette position n’est pas partagée par la plupart de ses clients potentiels…
C’est une des raisons majeures qui fait qu’aujourd’hui c’est dans cette boîte que je bosse et pas dans une autre… on a des idées et on les assume car certaines choses passe avant le business de court terme.
Enfin, je ne pense ni ne souhaite être le porte parole de personne. Je n’ai pas assez de temps pour m’impliquer dans la bataille à la hauteur que la chose le demanderait… je saisis simplement l’opportunité d’un petit réseau de quelques milliers de pêcheurs plaisanciers à qui je peux m’adresser pour faire valoir ma façon de penser et essayer de contribuer à montrer une direction meilleure, il me semble, que celle que prend la pêche de loisir aujourd’hui.
Je ne connaissais pas les contraintes irlandaises liées à la taille et au nombre de bars pris par jour.
tout cela est du bon sens, sans doute sont ils respectueux beaucoup plus que nous de leur environnement.
On pourra toujours croire qu’un pêcheur qu’il soit français, irlandais ou autre, est d’avantage intéressé par le nombre de prise effectuée que par leur qualité, visiblement chez nos amis Irlandais ce n’est pas le cas.
Alors pourquoi cette différence? Education, Intelligence, sens des valeurs…?
Personnellement, j’ai longtemps crû qu’il suffirait que nous tous fassions preuve d’intelligence (pro et plaisanciers) Mais faut pas se voiler la face, nous en sommes incapable, le français restera comme il est , râleur et adepte du »chacun pour soi »
Alors les partisans du permis et des contrôles ont sans doute gagner la partie, ce n’est qu’à ce prix que nous aurons encore des chances de voir ce beau poisson argenté combattre au bout d’un fluocarbone.
Luc
C’est très courageux, de la part de Nicolas, de continuer à défendre une position qui n’est pas majoritairement celle des pêcheurs de loisir… en tout cas, si on en croit les déclarations d’une certaine fédération de plaisanciers et de pêcheurs de loisir.
La limitation des captures des pêcheurs de loisir est à l’évidence une mesure qui mettrait fin à bien des abus, en permettant aux autorités de contrôle de les sanctionner sur des bases réglementaires enfin claires et précises.
Nicolas s’est souvent exprimé à ce sujet. Compte tenu de l’influence qu’il a exercée sur les pêcheurs de loisir, et qu’il continue d’exercer, malgré la retenue que ses nouvelles activités professionnelles lui imposent, nous sommes un certain nombre à considérer que c’est en quelque sorte notre porte-parole.
Même si je pense que depuis longtemps la maille minimum devrait être 42 cm pour le loisir comme sur les étales…… et je ne suis pas le seul.
Je pense aussi comme David et c’est donc au pouvoir public d’intervenir et d’interdire déjà la pêche sur les frayères et à des dates bien précises;: L’état a le matériel et les structures pour, il ne manque que le texte!!!!!!!
Il y a pas mal de chose que l’on devrait « copier » sur nos voisins européens, et pas qu’en matière de pêche.
L’Irlande est quand même un exemple flagrant de réussite de gestion : en imposant des mesures bien plus restrictives qu’en France, la population de bars est d’une densité carrément plus importante !
J’y vois là un formidable moyen de développer toute une économie viable et durable (gites, locations de voitures, shop etc …) Quand on sait combien un kg de bar pêché à la ligne rapporte à l’économie par rapport à un bar de chalut … le calcul est vite fait ! Les lobbys voilà là tout le problème. Il faut nous mobiliser et nous unir, et rapidement, sinon nous n’aurons bientôt plus que nos yeux pour pleurer …
oui je pense que si seul les plaisancier doivent faire un effort celà ne servira pas à grand chose il faut que la loi sois la meme pour tous.
bonjour nico et les autres
tu as l’air de te fâcher un peu Nicolas ?
cela va changer mais c’est vrai que c’est long. je suis assez ok que tous les acteurs doivent faire un effort
à l’heure des appareils photos numériques et telephones portables, y a moyen de garder un souvenir autre que ramener le fish chez soi
la taille à 36 est un peu petite on pourrait la passer à 38 puis à 40 cm et limiter à 2 bars par jour par pecheur
on pourrait aussi prévoir une taille à 40 cm du bord et 45 cm en bateau/kayak ??
on va de toute façon être obligé de faire qq chose mais on attend le dernier moment, tiens ça me rappelle le sujet de la dette publique…
bonne journée à tous
eric
Bien sur qu’il faut réglementer la pêche de loisir, c’est une évidence. Mais vu la cacophonie générale, les divergences de position, le consensus sera long à obtenir. Et pendant que nous polémiquons sur les mesures à prendre pour cadenasser ceux qui aiment blinder leurs congélos (la majorité d’entre nous? je n’y crois pas) , les pélagiques et les bolincheurs s’éclatent.
Les pros ont des avocats, des lobbyistes, des campagnes de pub massives , mensongères, (pavillon francais) et très franchement, ce sont eux qui font du mal à la ressource (j’aimerait savoir combien de temps il faut à un très bon pécheur avec une canne pour prendre autant de poisson qu’un trait de chalut sur une frayère… 20 saisons de pêche? 25?).
Je suis à pret signer n’importe quoi qui me contraigne a ne garder qu’un poisson par sortie, ou même 1 par mois! Mais je suis persuadé que le combat ne se gagnera pas uniquement avec ça. Il faudra contraindre légalement TOUT le monde.