La taille légale du bar augmentée à 42 cm

Depuis plus de 10 ans, les pêcheurs récréatifs responsables en parlaient. Pourquoi la taille légale de capture du bar était elle, jusqu’à présent, placée à 36 cm, taille à laquelle un bar ne s’est pas encore reproduit et n’a donc pas pu assurer sa descendance. Beaucoup de pêcheurs ont milité pour un passage de cette taille à celle, biologiquement cohérente, de 42 cm. Des associations, des marques et distributeurs de matériel ont vraiment essayé de porter à la connaissance du public et du législateur ce problème de fond. Plus tard, timidement au départ, très concrètement depuis quelques années, les différentes fédérations de pêcheurs et de chasseurs sous-marins ont fait de cette augmentation de la taille du bar un de leurs objectifs assumés. La signature en juillet 2010 d’une charte pour une pêche en mer de loisir eco-responsable portée par les fédérations et regroupant les propositions de différents organismes jouissant d’une représentativité suffisante pour être prise au sérieux a porté à la connaissance du législateur l’idée de mettre en place certaines mesures dont l’augmentation de certaines tailles de captures comme celle du bar. Hier, dans un communiqué du Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques nous avons appris que le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a publié un nouvel arrêté spécifique à la pêche maritime de loisir. Cet arrêté à pour principale vocation de « rassembler en un seul et même texte la réglementation éparse relative aux tailles minimales de captures des poissons, crustacés et autres organismes marins prélevés. »

Cela dit, cet arrêté modifie aussi la taille légale de capture du bar commun qui passe donc de 36 à 42 cm. Je n’ai pas réussi à trouver autre chose que le communiqué dont je vous parlais ci-dessus pour le moment et je ne connais donc pas les détails de ce nouvel arrêté. Je me pose la question des autres espèces dont la taille légale est soumise à une augmentation. La charte sur laquelle s’appuie cet arrêté préconisait en effet également l’augmentation de la taille légale du loup (bar en méditerranée) de 25 à 30 cm, celle du cabillaud de 35 à 42 cm, celle du rouget barbet de 11 à 15, celle de la sole de 23 ou 24 selon les zones à 25 cm… L’information dont je vous fait part est donc encore fragmentaire et demande à être précisée… Si l’un d’entre vous trouve l’accès à l’arrêté (peut être faudra-t-il attendre sa publication au Journal Officiel), un petit lien dans les commentaires sera le bienvenu…

Pour beaucoup de pêcheurs, cette nouvelle sonne comme une première victoire pour la préservation de la ressource et intervient après de longues années de batailles sans résultats. Cet arrêté qui s’appuie sur les proposition de la charte de 2010, redore à mon sens un petit peu le blason des fédérations qui ont joué leur rôle dans l’aboutissement de cette bataille. Selon ces fédérations, l’évolution de cette taille légale de capture devrait avoir pour impact une baisse du prélèvement de 30 % (part actuelle de la tranche 36-42 cm dans le prélèvement total des plaisanciers). La maille à 42 cm était un objectif auquel les différents acteurs de la pêche récréative ont mis parfois beaucoup de temps à se rallier, mais ces dernières années c’était devenu une évolution nécessaire aux yeux de tous. Au delà de l’avancée certaine réalisée, nous devons prendre conscience que quand la majorité des acteurs (pêcheurs, détaillants, guides de pêche, distributeurs, associations et fédérations) poussent dans le même sens, il est possible d’aboutir. Gardons ça en tête pour le futur car, si l’évolution de la maille est une victoire, il reste encore beaucoup de choses à changer pour pouvoir considérer l’avenir de notre loisir avec confiance. Sources / Ils en parlent aussi : Le télégramme Le pêcheur responsable La pêche et les poissons

About the author  ⁄ Nicolas Cadiou

Pêcheur depuis que je tiens debout, je suis passionné par toutes les pêches aux leurres en mer comme en eau douce. Ma pêche préférée c'est la pêche à vue depuis le bord. Côté boulot, je travaille pour la société Ultimate Fishing, essentiellement dans le domaine de la communication et de l'animation des réseaux. N'hésitez pas à me rejoindre sur facebook, twitter, google+, vimeo ou youtube en cliquant sur les icônes ci dessous.

34 Comments

  • Hippolyte
    02/01/2013

    Une consultation publique est ouverte pour que chaque citoyen puisse donner son avis sur la façon de rectifier l’arrêté du 26 octobre 2012, concernant les tailles minimales de capture pour la pêche de loisir.

    Voici la nouvelle version proposée :

    http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/uploads/tinyMCE/les-consultations-publiques-du-ministere-du-developpement-durable/taille-minimale-ou-poids-minimal-capture-peche-maritime-de-loisir/projet-d-arrete-modificatif.pdf

    Voici le site qui permet de donner son avis :

    http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/taille-minimale-ou-poids-minimal-capture-peche-maritime-de-loisir

    Il est rappelée que la consultation, ouverte le 28 décembre 2012, sera close le 14 janvier 2013.

  • eric
    02/12/2012

    bonsoir

    la taille à 42, un petit pas pour le plaisancier…

    le quota est très certainement plus important

    d’ailleurs pas que pour le bar, d’autres espèces moins nobles doivent être protégées aussi

    cela arrive d’entendre que des maqurereaux finissent à la poubelle quand y en a plein la coque !!!
    c’est triste d’entendre ça

    en reparlant du bar, il aurait été mieux d’obtenir un quota de 2 bars/jour/pêcheur qu’une taille minimale à 42

    et je rajouterai même si les bars font 25 cm !!!! pour la ressource (même si ce n’est pas moral et un peu osé comme raisonnement) mieux vaut laisser les viandards garder 2 bars de 30 cm dans leur sac à patate que 10 bars de 45 cm !

    et quelle honte what a shame pour les professionnels qui gardent je crois la taille à 36 cm ; c’est ridicule mais ça changera

    à+

    eric

  • Hippolyte
    16/11/2012

    Laurentin,

    Je viens de t’envoyer mon adresse électronique sur ton site.

  • laurentin
    15/11/2012

    Bonjour,

    J’aurai aimé avoir le mail d’hippolyte s’il vous plait, pour lui demander un avis personnel sur la méditerrannée

    Merci d’avance

  • Hippolyte
    15/11/2012

    Voici une déclaration d’un décideur politique.

    « Ayant pris en considération les arguments scientifiques ainsi que les intérêts des pêcheurs professionnels et de loisir, j’ai décidé de ne pas augmenter la taille minimale de capture du bar.

    Le bar est une espèce importante pour la pêche professionnelle côtière, et cette dernière serait fortement impactée par l’augmentation de la taille minimale des captures. Je ne peux mettre en place une mesure qui aurait de telles conséquences sur des pêcheurs, compte tenu des difficultés qu’ils rencontrent par ailleurs et de l’état présentement satisfaisant du stock.

    La gestion des pêches doit être fondée sur la concertation et le partage des informations, et c’est pourquoi j’incite les parties prenantes à discuter ensemble, pour faire le point de la situation. Je sais que les pêcheurs de loisir seront déçus, compte tenu des efforts qu’ils ont déployés pour assurer la préservation de cette espèce. Je n’exclue pas de revoir cette question de l’augmentation de la taille minimale de capture, après qu’aura été évaluée l’efficacité de toutes les autres mesures que j’ai annoncées aujourd’hui. »

    Celui qui a dit ça, c’est le ministre de la pêche qui était en place en 2007… au Royaume-Uni. Enfin, il l’a dit en anglais, et la traduction est de moi.

    Dans ce pays, en 2007, la question de l’augmentation de la taille minimale de capture du bar avait fait l’objet d’une enquête nationale préliminaire. Tous les citoyens avaient pu s’exprimer. De nombreux aspects du problème avaient été pris en compte. Le fait que les pêcheurs professionnels français n’auraient pas eu à respecter cette taille minimale de capture, même dans les eaux territoriales anglaises (bande des 6 à 12 milles), avait été évoqué.

    L’histoire est un éternel recommencement…

  • 14/11/2012

    Hippolyte, je viens de valider ton message de 13 h et je sais pourquoi de temps en temps tes message passent par la case « validation nécessaire par un admin ».
    En fait on a une sorte d’antispam sur le site qui permet de bloquer les très nombreux commentaires publicitaires générés par des robots et postés sur les blogs…
    Un des critères de mise en attente de validation est le nombre de liens dans un message.
    A partir de 2 liens dans le même message ça devient suspect car ça ressemble à pas mal de spams, bref ça passe en attente de relecture.
    Dès que j’aurai un peu de temps je regarderai si c’est vraiment utile ou non pour éventuellement modifier ça.

    Bref, maintenant tu sais pourquoi de temps en temps certains messages traînent à être validés.

  • Hippolyte
    14/11/2012

    Je ne sais pas quels sont les critères qui font que certains de mes messages passent la barrière de la modération et d’autres pas, mais j’ai un message de 12h27 qui attend toujours d’être validé.

    J’y disais que certains sites donnent toujours des informations erronées ou fragmentaires sur les rectifications qui doivent être apportées au texte de l’arrêté du 26 octobre 2012.

    Ainsi, sur le site du CBE, on peut lire que c’est le règlement 850/1998 qui sera pris en compte. C’est oublier que les règlements 1967/2006 et 520/2007 sont également à prendre en compte !

    Est-ce que les règlements qui concernent la Méditerranée ou les pêches de l’espadon, du germon ou des thons rouges ne méritent pas qu’on les prenne en compte ?

  • Jean Marie
    14/11/2012

    Que vos t’il mieux pécher, une petite qui n’a pas reproduit ou une grosse qui va mourir de vielles?
    Pour moi le résultat est le même il y aura toujours autant de dégât. Donc quota et fermeture le tout reparti sur les saisons et les différents métiers du Bar(ligne, chalut, filet). Y a du boulot

  • Nico Author
    14/11/2012

    Jean Marie,

    On est d’accord pour l’intérêt d’un quota pour les plaisanciers, c’est clairement cette mesure qui pourra le plus justement encadrer notre activité en régulant notre impact sur la ressource sans pour autant nous priver de plaisir et de droit de prélever quelques poissons sur la table. A mon sens c’est LA mesure vers laquelle il faut essayer d’aller maintenant. La maille à 42 était un premier petit pas, et c’est bien de l’avoir fait, maintenant il faut continuer à avancer.

    Concernant les pros, il faudra aussi qu’ils agissent pour diminuer leurs prélèvement et le répartir plus équitablement entre les métiers afin de limiter l’impact économique de cette régulation des captures sur les métiers qui dépendent le plus du bar. La pêche pro est un milieu très différent de celui de la plaisance, avec ses spécificités, ses contraintes et ses enjeux propres. Si on est tous d’accord sur la nécessité d’une baisse de leurs prélèvements de bars, je pense qu’ils sont bien mieux placés que nous pour choisir la méthode pour y arriver…
    Peut être qu’une augmentation de la taille légale n’est pas la meilleure façon d’arriver à gérer une diminution de la ressource chez eux…

  • Jean Marie
    14/11/2012

    Nicolas
    je ne suis pas contre bien au contraire. Pro en retraite, j’ai navigué dans un endroit où la réglementation est peut être la plus dure(antarctique) avec un contrôleur à bord 24/24h.
    Je ne suis pas contre l’augmentation de la taille avec la remise à l’eau des moins de 42 cm, mais cela reste valable que pour la traine ou la canne afin que le poisson reste bien vivant, et bien sur à condition qu’il soit rejeté aussitôt.Dans certains endroit combien de moins de 42 faudra t’il rejer pour un gardé, le dégât sur certain poisson ne sera surment pas négligeable.Je crois qu’il n’y aura qu’une trés petite partie des pêcheurs plaisancier à respecter cette réglementation? et je reste persuadé qu’un quota par pêcheur doit etre mis en place avec déclaration de pêche(quantité,lieu et autres info pour participer pleinement à la protection de cette resource)et pet etre un peu plus de contrôles.
    Cette réglementation est elle rentrée en application?
    Un petit mot pour les pro: Vous aussi messieurs les professionnels passés à 42 cm
    Bonne journée

  • Hippolyte
    14/11/2012

    En ce qui concerne la façon de mesurer la longueur réglementaire des poissons, j’ai envoyé un courrier électronique à diverses organisations de pêcheurs de loisirs, dès que je me suis aperçu de l’erreur commise dans l’arrêté. Je n’ai en effet pas qualité pour m’adresser directement au ministère (je ne représente aucune de ces organisations).

    Néanmoins, dans divers sites internet, des gens se disant bien informés continuent de donner des indications erronées ou fragmentaires à ce sujet.

    Voici ce que j’ai écrit à ce sujet. Cela n’engage bien sûr que moi, mais je vous fiche mon billet que c’est exactement ce qui sera repris dans le nouvel arrêté !

    …..

    Tout d’abord, il faut vider de ce texte toute référence aux istiophoridés, puisqu’il n’y en a pas dans les listes d’espèces énumérées dans cet arrêté.

    Ensuite, en ce qui concerne les espèces « espadon », « germon » et « thon rouge », c’est bien entre l’extrémité de la mâchoire inférieure et l’extrémité du rayon caudal le plus court qu’il faut faire la mesure, conformément au règlement européen 520/2007.

    http://reglementation-polmer.chez-alice.fr/Textes/R.520-2007.htm

    Pour les autres espèces, il faut faire la mesure entre l’extrémité de la tête et l’extrémité de la queue, conformément aux règlements européens 850/1998 et 1967/2006.

    http://reglementation-polmer.chez-alice.fr/Textes/R.850-1998.htm
    http://reglementation-polmer.chez-alice.fr/Textes/R.1967-2006.htm

  • Hippolyte
    14/11/2012

    Rectificatif

    Dans mon message précédent, il faut lire  » Ces derniers ne capturent en effet pratiquement pas de bars aussi petits (moins de 10 % des captures) ».

  • Hippolyte
    14/11/2012

    Jean Marie

    La pêche professionnelle, surtout lorsqu’elle concerne des espèces qui sont en grande partie capturées en dehors des eaux territoriales (bande des 12 milles) ne peut être équitablement régie que par des règlements internationaux. C’est notamment le cas pour le bar pêché dans la Manche. De nombreux conflits entre pêcheurs professionnels de différentes nations montrent qu’on va au devant des pires difficultés lorsqu’on ne tient pas compte de cette réalité.

    Ceux qui ont demandé à la France des augmentations des tailles minimales de capture devraient le savoir.

    Si on regarde le profil des captures de bar, on s’aperçoit qu’une augmentation de la taille minimale de capture de cette espèce aurait à court terme de graves conséquences pour tous les métiers… sauf pour les chalutiers pélagiques ! Ces derniers ne capturent en effet pratiquement pas de bars aussi petits (moins de 1 % des captures).

    Les ligneurs capturent actuellement beaucoup de bars de moins de 42 cm. Quant aux chalutiers de fond, ils en capturent plus 50 %. Les ligneurs peuvent remettre à l’eau des poissons vivants, les chalutiers de fond ne le peuvent pas (ou pratiquement pas).

    Dans le contexte actuel, l’augmentation des tailles minimales de capture, demandée par des pêcheurs de loisir français, n’est pas une bonne solution à appliquer à la pêche professionnelle.

  • 14/11/2012

    @ Jean Marie,

    On parle de remise à l’eau et pas de rejet, le but c’est que le poisson reparte vivant.
    Concernant le tonnage que ça représente, il y a encore pas mal de marges d’erreur dans les estimations mais ça commence à se dessiner. L’estimation la plus récente et la plus crédible parle d’un prélèvement de la plaisance de 2345 tonnes sans prendre en compte la méditerranée.
    Les pêcheurs de bars français cumulant environ 2 millions de sorties de pêche par an, ça donne une moyenne d’un peu plus d’1 kg par sortie et par pêcheur.
    Bref, si on part sur 30 % de prélèvement en moins via la maille à 42 ça fait un peu plus de 700 tonnes de bars épargnées.
    Si on veut comparer ça à la pêche pro, on passerait de 2345 tonnes à 1641 tonnes pour la plaisance contre 5000 pour la pêche pro… soit de 31 % à 25 % du prélèvement global.
    Nous représentons une part réelle des prélèvements, il faut arrêter de s’en cacher, et avons fait un premier geste pour limiter notre impact… j’espère que les pros seront contraints de faire à leur tour des efforts, pour le bien de tous et en premier lieu celui de la ressource.

  • Jean Marie
    13/11/2012

    La Taille à 42cm pour le bar pour la plaisence et toujours à 36 pour les pros.Donc le bar du plaisencier ce reproduit à 42cm et celui du pro à 36cm, à bon. La limitation des captures par pêcheur et par jour pas mieux?
    Réglementation ridicule pour la roproduction.
    On parle de 30% de rejet mais sur quelle tonnage?

  • jean-Louis
    13/11/2012

    Comme d’habitude on met des interdictions sur les plaisanciers et on laisse vider les ressources par les « PRO »
    Il ne faut pas se voiler la face tout ce qu’on veut c’est de supprimer la pêche de plaisance.

  • Hippolyte
    08/11/2012

    Le Ministère semble s’être aperçu de sa bourde. Le texte de l’arrêté est apparemment en réécriture.

    Il n’empêche que ce qui est écrit dans le Journal officiel du 26 octobre 2012 ne peut être effacé. Il faudra une nouvelle publication au Journal officiel pour que la modification prenne effet. Ca peut prendre quelques jours. Personnellement, je leur conseillerais plutôt de bien prendre leur temps pour bien pouvoir se relire.

  • Hippolyte
    08/11/2012

    Cet arrêté laisse quand même planer bien des doutes sur le sérieux avec lequel il a été élaboré. Il fait appel à un règlement qui n’est pas le bon pour justifier une façon de déterminer les tailles minimales de captures qui n’est pas celle que définit le règlement européen.

    La confusion de textes me paraît manifeste puisque cet arrêté précise comment on doit mesurer les poissons de la famille des istiophoridés… alors qu’il n’y en a pas dans les listes mentionnées.

    Ca fait vraiment pas très sérieux. Heureusement que le ridicule ne tue pas…

    Le texte de cet arrêté devra obligatoirement être corrigé. J’espère simplement qu’il y aura des gens qui se feront taper sur les doigts. Ca le mérite.

  • Richard
    08/11/2012

    Dans le cas de poissons prognathes comme le bar ou, plus encore, le lieu jaune, la mention de mâchoire supérieure pour la mesure diminue encore la taille du poisson d’un demi centimètre pour les pins. Et les croquis explicatifs décrivant la mesure n’en tiennent pas compte puisqu’ils ne reflètent que des mesures de l’extrémité de la tête, en l’occurrence de la mâchoire inférieure.

  • Hippolyte
    08/11/2012

    L’amateurisme me semble être le qualificatif qui convient le mieux pour caractériser cet arrêté. Normal, puisqu’il a été élaboré sous la pression d’amateurs. Mais il y a quand même des limites à ne pas dépasser…

    Je veux bien qu’on applique aussi aux amateurs des règles discriminatoires pour mesurer la taille réglementaire des poissons, mais encore faut-il s’appuyer sur les bons textes réglementaires.

    Le présent arrêté prétend s’appuyer sur l’article 10 du règlement communautaire CE n° 520/2007 pour imposer aux amateurs une façon particulière de mesurer la longueur réglementaire des poissons. Mais ce règlement communautaire concerne en fait le cas particulier des grands poissons migrateurs (tels que les thons). Pour les autres poissons, les textes européens me semblent clairs : la taille des poissons se mesure de l’extrémité de la tête à l’extrémité de la queue.

    Je me demande même si ceux qui ont rédigé ce texte savent seulement ce qu’est un istiophoridé.

    Alors, il va falloir remettre un peu d’ordre dans tout ça !

  • Hippolyte
    06/11/2012

    Paru au Journal officiel d’aujourd’hui, 6 novembre 2012.

  • Richard
    05/11/2012

    Pas encore paru au JO donc à prendre avec des pincettes en attendant, l’arrété: http://freestyle-fishing.com/forum/uploads/documents/1352142958.pdf

  • Hippolyte
    05/11/2012

    Bonjour Nico,

    Je viens de lire ton message ci-dessous. Tu résumes bien la situation. Je suis d’accord avec toi.

    Bonjour Laurentin,

    La vraie raison de la demande d’interdiction de la pêche du bar en hiver, c’était d’empêcher les prélèvements excessifs, effectués notamment en Manche occidentale par les chalutiers pélagiques. Les autres considérations qui poussent certains à demander une fermeture généralisée de la pêche de cette espèce, en hiver, me semble plus relever d’une mentalité de bisounours que d’une démarche rationnelle.

    La limitation de la pratique de la pêche pélagique du bar en hiver a commencé cette année (bien timidement !) puisqu’il est désormais exigé un arrêt d’une semaine pendant cette période.

    Je cite le règlement (pour les chalutiers pélagiques) :

    « Les détenteurs « d’une licence bar » doivent respecter un arrêt volontaire de la pêche du bar
    pendant une semaine calendaire, entre le 1er janvier et le 31 mars.
    La semaine retenue devra être notifiée aux affaires maritimes au moins 4 jours avant le début
    de l’arrêt d’activité. »

    Rien ne sera plus facile (si on en a la volonté) de passer à deux ou trois semaines d’arrêt, on fonction de l’état de la ressource.

    Bonjour Bradys,

    Je me méfie effectivement des opinions préfabriquées… surtout quand elles entretiennent un manichéisme qui coupe court à toute discussion. Par exemple : les ligneurs sont des « gentils » tandis que les pélagiques et les bolincheurs sont des « méchants ». Les premiers sont l’exemple de ce qu’il faut faire et les seconds de ce qu’il ne faut pas faire. Vu comme ça, tout est simple. N’est-ce pas ? On n’a ainsi pas à se poser le problème du coût de revient du poisson et du prix auquel il est proposé au consommateurs (personnellement, je trouve que 15 à 30 euros le kg, ça fait cher !).

    Et puis aussi, pendant ce temps, il y a des métiers dont on ne parle pas, comme par exemple le chalutage de fond.

    J’ai écrit ici que les rejets de bars sont peu importants. Ceci est tout à fait vrai pour l’ensemble de la pêche française et c’est sur cette base que j’ai formulé mon opinion. Les chalutiers pélagiques rejettent ainsi, en moyenne, moins de 1 % de leur captures de bar. Mais il faut savoir qu’il y a un métier auquel personne ne semble prêter attention et qui fait d’énormes rejets de bars (juvéniles) en mer : c’est le chalutage de fond, effectué par les Français, en Manche orientale.

    Voici les chiffres pour l’année 2010 :

    Débarquement de bars : 507 tonnes
    Rejets de bars (en mer) : 140 tonnes
    Pourcentage de rejets : 28

    Ma source est la table 4.10. intitulée « Sea bass in the Northeast Atlantic. Retained and discarded weight of seabass taken by French vessels using different gear types in 2010″ que l’on trouve dans ce rapport du CIEM, page 51 :

    http://www.ices.dk/reports/ACOM/2012/WGNEW/WGNEW%20final%20May%202012.pdf

    Il y a certainement là quelque chose à revoir…

    Cordialement

  • laurentin
    04/11/2012

    d’après le papier, qui n’est pas texte de loi, mais simple communiqué de presse, cela va conduire à 30% de remise à l’eau (si jamais l’arrêté arrive un jour)

    bon ben si ces 30% sont récupérés par les pros, je vois pas le progrés pour la ressource………….

    ***

    et bientôt, la pêche du bar sera interdite aux plaisanciers de janvier à avril inclus, mais pas pour les pros ???

    et oui car se sont les mêmes personnes, qui préconisaient la maille à 42 et la trève hivernale, recueillant il y a quelques années une pétition réclamant 2 mois de fermeture, mais déposant aux autorités européennes une demande pour 4 mois (et oui, beaucoup se sont sentis à juste titre trahis)

    concernant la trève hivernale, il y a là bien entendu de nouveau une belle hypocrisie, car foutre la paix aux bars quand le temps est trop dégueux, pour mieux prélever le restant de l’année, c’est un programe grandiose

    Si vous voulez plus de bars, ce qu’il faut c’est avant tout demander une mise en place de quotas pour les pros et une diminution de leur effort de pêche, qui soit préalable à une définition quantifiable de la consommation familiale, car tout le reste c’est de la… communication !

    pour ne pas dire de la politique

    ***

  • Nico Author
    04/11/2012

    Je suis également persuadé que cette mesure est loin d’être suffisante et qu’elle a été suggérée par les fédérations de pêcheurs et de chasseurs pour « prouver » un effort et espérer ainsi espérer éviter que nous soit imposée une mesure plus efficace que serait la mise en place de quotas.
    Aujourd’hui cette démarche parait claire… on lâche sur l’augmentation des TLC pour espérer éviter les quotas.

    Bien entendu, je pense que les quotas sont bien plus importants que la taille à 42 mais ça ne m’empêche pas de considérer qu’il s’agit là d’une avancée. Cette augmentation de la taille va dans tous les cas nous conduire à relâche plus de poissons… donc il y en aura plus dans l’eau.

    Je ne dis pas qu’il s’agit du meilleur levier mais un peu plus de bars dans l’eau ça me parait quand même être une bonne chose.

    Là où ça me fait peur c’est que le fait que les fédés aient lâché là dessus risque de reculer la mise en place de mesures plus efficaces pour la préservation de la ressource.

  • Bradys
    04/11/2012

    Hyppolyte a écrit :  » Je dis cela en plaisantant mais j’ai la faiblesse de penser que la valeur d’une opinion ne dépend pas du nombre de personnes qui se rassemblent pour la formuler. »

    +1

  • Hippolyte
    03/11/2012

    Je tiens à préciser que docteur en ichtyologie dont parle Bertrand (voir mon message précédent), ce n’est pas moi. Ca veut dire qu’on est au moins trois à partager le même point de vue !

    Je dis cela en plaisantant mais j’ai la faiblesse de penser que la valeur d’une opinion ne dépend pas du nombre de personnes qui se rassemblent pour la formuler.

  • Hippolyte
    03/11/2012

    Les pêcheurs de loisir (ou plutôt, certaines organisations sensées les représenter) l’ont voulu… ils l’ont eu ! Je serais tenté de rajouter « poils au dos », tellement je trouve cela dérisoire.

    Les gens qui ont milité pour cette mesure (pour ne parler que des plus honnêtes d’entre eux) sont dans l’ensemble des gens qui croient que pour préserver un stock de poissons, il est utile qu’ils aient tous la possibilité de se reproduire au moins une fois. C’est là une croyance qui témoigne d’une méconnaissance totale de la biologie des poissons (ne serait-ce que par les lois de la nature qui rendent cela totalement impossible!).

    Il peut être justifié de demander une augmentation des tailles minimales de capture pour d’autres raisons… mais pas pour celle-là !

    La plus justifiée de ces raisons est la recherche de ce qu’on appelle le « rendement maximal par recrue » : c’est à dire qu’on cherche à pêcher les poissons à l’age ou la biomasse de leur cohorte (ensemble des individus nés la même année) passe par un maximum. En gros, on a collectivement intérêt à attendre que les poissons aient atteint une certaine taille, pour avoir plus à manger. Ca, je l’admets. Mais lorsqu’on définit une taille minimale pour cette raison, c’est sur la base de considérations purement alimentaires. Ca n’a rien à voir, directement, avec la préservation des stocks. En tout cas, ce n’est en soi une mesure ni indispensable ni suffisante, pour la préservation des stocks.

    Ce qu’il faut, c’est avoir une quantité de géniteurs suffisante pour que le stock ne décline pas. Et pour que cette quantité soit atteinte, il faut simplement veiller à ce que la mortalité par pêche ne soit pas trop élevée. Mais il s’agit tout autant de la mortalité des adultes que de celle des juvéniles.

    Pour le bar, comme on n’a aucune idée précise de ce que capturent respectivement les pêcheurs amateurs et les pêcheurs professionnels et qu’on ne veut pas fâcher leurs organisations représentatives respectives, alors on adopte ce qu’elles proposent pour les pêcheurs qu’elles représentent. En gros, des professionnels établissent les règles pour la pêche professionnelle et des amateurs pour la pêche d’amateur. Il n’y a dans tout ça aucune cohérence globale basée sur une approche rationnelle des problèmes, s’appuyant sur des connaissances précises de la biologie des poissons.

    On prive l’estivant de se faire plaisir avec la capture annuelle de deux ou trois petits bars de 36-42 cm, pris depuis le bord, mais on laisse continuer les débarques réitérées de plusieurs dizaines de kilos de bars adultes, par des pêcheurs amateurs qui ne savent pas se limiter. Mon petit doigt me dit que c’est ce que recherchait finalement le lobby de pêcheurs de loisir, bien organisé, qui a est à l’origine de cette mesure.

    Quant aux pêcheurs professionnels, pour le bar, ils se sont fixé des limites de capture tellement peu contraignantes qu’ils peuvent facilement augmenter leurs captures sans les dépasser.

    Personnellement, je ne compte plus guère que sur les institutions européennes pour donner de grands coups de pieds dans ces deux fourmilières que sont respectivement la pêche professionnelle et la pêche de loisir.

    Dans la page du Télégramme suivante, on trouve, sous l’article du journal, un commentaire d’un certain « Bertrand », guide de pêche. Je ne dois pas être le seul à avoir deviné qui c’est. Ca me satisfait que cette personne, que j’ai en estime, partage en grande partie ma façon de voir les choses.

    http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/peche-plaisance-nouvelle-maille-les-infos-pratiques-01-11-2012-1892199.php

  • pipiol
    03/11/2012

    yes,

    plutôt bien! reste plus qu’à attendre l’extinction de l’espèce pour espérer voir une limitation de prise par jour et par pêcheur…

  • Patrick
    02/11/2012

    Enfin une reconnaissance de l’action menée depuis longtemps.
    Une bataille de gagnée, il en viendra d’autres à condition de rester mobilisés pour étendre ces mesures aux professionnels qui prétendent pratiquer une pêche responsable.
    Comme le dit Goulven « Ne boudons pas notre plaisir »

  • le tellec
    02/11/2012

    pour moi il fallait mettre cette taille pour tout le monde et pas seulement les plaisancier .Ainsi il pourront ramasser ceux que l’on remettra à l’eau et s’enrichir un peu plus.

  • 02/11/2012

    c’est un premier pas, ne boudons pas notre plaisir et continuons le mouvement

  • Jo
    01/11/2012

    Toujours rien concernant les pros …